Charles, Geneviève, Louis, Auguste, André, Thimothée d'Eon de Beaumont est né à Tonnerre le 5 novembre 1728 en l'Hôtel d'Uzès, d'un avocat au Parlement, conseiller du roi, propriétaire de vignes à Tonnerre et de Dame Françoise de Charanton.
( La confusion des prénoms était déjà prémonitoire d'une vie marquée toute entière par des ambiguïtés. )
A l'âge de 13 ans, on l'envoie poursuivre ses études à Paris...

Titulaire d'un doctorat en droit civil et en droit canon, il s'inscrit comme avocat au parlement de Paris.
Il se met alors à l'écriture et publie successivement plusieurs ouvrages qui le font reconnaître parmi les plus brillants esprits de Paris. Ses diplômes - et de solides relations familiales - font de lui, dès l'âge de 21 ans , le censeur royal pour l'Histoire et les belles lettres, poste très envié puisqu'il permet d'accorder - ou de refuser - le Privilège du Roy.

La légende voudrait que le roi l'ait remarqué et pris pour une femme alors qu'il en avait revêtu le costume pour un bal. Il est recruté au sein du "Secret du Roy" ( gouvernement parallèle de Louis XV ) et envoyé en Russie en 1755 sous le nom - et le costume - de Mademoiselle Lia de Beaumont où il devint la lectrice de la Tsarine Elisabeth. Le succès de sa première mission lui vaut la confiance du roi et une deuxième mission officielle sous les habits de son sexe !
Nommé capitaine des Dragons, il sert pendant la guerre de sept ans dans l'armée du Rhin et se distingue par plusieurs faits d'armes.

En 1763, il est envoyé en Angleterre avec le titre de "Secrétaire de l'Ambassade de France pour la conclusion de la paix générale". C'est lui qui rapporte à Versailles le traité de paix. Il n'a que trente-cinq ans lorsqu'il retourne à Londres avec cette fois le titre de ministre plénipotentiaire.
Après la nomination de M. de Guerchy à la tête de l'ambassade, il se trouve écartelé entre les ordres contradictoires de sa hiérarchie du ministère des affaires étrangères et ceux que lui fait passer secrètement le roi ; son comportement l'expose à de vives critiques. Dans le même temps à Londres, où il mène une vie très mouvementée, naissent des rumeurs sur l'incertitude de son sexe.

Louis XVI, roi depuis 1774, persuadé que celui-ci est une femme, exige pour son retour en France qu'il adopte à tout jamais l'habit féminin. Celui qu'il faut à présent appeler "Mademoiselle la Chevalière d'Eon" rentre  à Tonnerre en 1778. Pendant plus de huit ans, notre héros va s'intéresser à la culture de la vigne...
Afin de récupérer ses affaires, en particulier sa volumineuse bibliothèque (pour la vendre), il retourne à Londres. Espérant obtenir de la Révolution de pouvoir rentrer en France, il voit sa rente royale lui  être retirée et ses propriétés bourguignonnes lui sont confisquées puisqu'il est classé parmi les Emigrés.
Il gagne alors sa vie en vendant ses collections et sa bibliothèque et en s'exhibant dans des combats d'escrime, qu'il gagne le plus souvent, jusqu'à ce qu'un fleuret cassé lui cause une blessure grave à l'âge de 68 ans. Pendant encore plusieurs années il mène une vie étroite, dans une gêne financière croissante.

Il meurt à Londres en 1810 : le 18 octobre 1810, le chirurgien de Georges III, Copeland, et le père Elysée, celui du roi Louis XVIII alors en exil, assistés de quelques aristocrates français et anglais, peuvent témoigner lors d'un examen post mortem de son véritable sexe...d'Eon était bel et bien un homme !
Il est enterré en Angleterre, dans le Middlesex...


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